Annoncée par le Premier ministre en réponse au mouvement des Gilets Jaunes, la plateforme d’information et de comparaison des prix du contrôle technique des véhicules légers, à destination des consommateurs, a été mise en ligne ce matin.

Cette information était à la Une du Parisien de ce matin.

Présentée par le Gouvernement comme un outil au service des automobilistes, le CNPA s’interroge toutefois sur l’efficacité d’une telle plateforme.
 
Rappelons que le premier critère cité par les automobilistes dans le choix de leur centre de contrôle technique n’est pas celui du prix de la prestation, mais celui de la proximité géographique. Un critère responsable en période de transition énergétique, qui sera sans nul doute conforté par les données répertoriées sur la nouvelle plateforme.
 
En effet, avec une moyenne nationale de 77,60€ pour une validité de deux ans, c’est-à-dire 38,80€ par an soit moins d’un demi plein de carburant, il parait improbable que les automobilistes s’imposent des dizaines de kilomètres supplémentaires pour grappiller quelques euros, qui seront aussitôt perdus en carburant et en temps.
 
Il est important de souligner que les prix publics affichés ne sont pas forcément les prix réellement pratiqués dans les centres, compte-tenu des gestes commerciaux que les professionnels peuvent octroyer à leurs clients ou des remises offertes dans le cadre de partenariats (assureurs, Comité Social et Économique - CSE …). En outre, certains centres de contrôle technique pratiquent le « yield management », c’est-à-dire la « gestion fine » des tarifs : le cas échéant, les prix d’une même opération peuvent varier au cours d’une journée (tarification du type heures creuses/heures pleines, par exemple).
 
Il est également utile de rappeler que le contrôle technique, ce n’est pas qu’un prix. C’est avant tout une prestation rendue par du personnel qualifié qui participe à la sécurité routière, à l’entretien du véhicule et à la réduction des émissions polluantes, mais également à prévenir le coût de réparations coûteuses pour l’automobiliste en évitant des pannes immobilisantes.
 
En outre, de nombreux facteurs influent sur le prix du contrôle technique, qui peuvent occasionner des différences de prix entre les centres, à commencer par le prix du foncier et les loyers associés qui varient de manière considérable d’un territoire à un autre.
 
Si le CNPA comprend l’objectif du Gouvernement de favoriser la transparence des prix, il est indispensable de garder du recul par rapport à la réelle pertinence d’un comparatif de prix entre les centres de contrôle technique.
 
En revanche, au moment où l'on constate le chiffre - historique - de 700. 000 véhicules qui n'auraient pas effectué leur contrôle technique, la question du choix des priorités mérite d'être posée. Le contrôle technique est un acteur central d'une politique responsable d'un parc automobile de plus de 40 millions d'unités, et le Gouvernement s'était également engagé auprès du CNPA à réaliser une grande campagne de sensibilisation.
C'est d'autant plus important que le volume des véhicules non assurés, en augmentation constante, s'ajoute à ce grave enjeu de sécurité routière. Il faut donc accompagner les Français, particulièrement dans la période actuelle, et le CNPA souhaite que les amendements qu'il a proposés dans le cadre du PLF 2021 puissent être examinés favorablement.
 
Le CNPA aura prochainement une réunion de travail avec la nouvelle Déléguée Interministérielle à la Sécurité Routière pour apporter toute sa coopération.

Bien à vous,

Xavier Horent, Délégué Général / PO. Francis Bartholomé, Président national